Hommage d’IPAM à Stéphane Hessel,
Un grand résistant à l’injustice du monde
Gustave Massiah
28-02-2013
Stéphane Hessel nous a quittés. Il nous a offert une vie si belle et si grande. Une vie qui s’est nourrie de combats incessants pour la justice et la solidarité. Sa présence a illuminé tous ceux qui l’ont connu et s’est élargie à tous ceux qui l’ont écouté et qui l’ont lu.
Nous avons eu le privilège de partager des luttes et des engagements communs. Il aimait partager sa grande culture et ses larges connaissances et offrir le recours à la poésie qu’il aimait tant car elle permet de tout comprendre. Son sourire, son attention, sa disponibilité, son exquise politesse étaient les marques d’un courage tranquille et d’une grande conscience. Pouvait-on imaginer que quelqu’un de si doux et de si paisible était capable de souhaiter de si grands dérangements de l’ordre établi et de prendre plaisir à faire bouger les lignes.
Stéphane Hessel faisait le lien entre la libération des peuples et le projet collectif d’émancipation. Il savait l’importance de la solidarité avec tous ceux qui luttaient pour leur libération. Il avait reconnu la décolonisation comme une étape extraordinaire de l’Histoire de l’Humanité. Et il savait que la décolonisation inachevée n’avait pas encore pris tout son sens. Il savait au plus profond de lui-même que, comme l’avait dit Aimé Césaire, « la colonisation avilit le colonisateur … et entraîne la montée de la barbarie dans la civilisation ». Il savait aussi qu’un peuple qui en opprime un autre n’est pas un peuple libre.
Stéphane Hessel a consacré sa vie à chercher une réponse en participant au long travail pour faire reconnaître les droits et les libertés ; puis pour tenter de les garantir. Il se battait pour faire reconnaître l’accès pour tous aux droits civils et politiques mais aussi aux droits économiques, sociaux, culturels et écologiques. Et dans ce chemin, il aimait se retrouver avec des groupes de personnes qu’il avait la capacité de trouver, comme il disait, « peu nombreux mais merveilleux ». C’est à travers les droits et les libertés qu’il cherchait à construire de l’universel. Et pour le construire, il fallait bien combattre toutes les oppressions, toutes les dominations, toutes les discriminations, toutes les injustices.
Stéphane Hessel était un homme libre. Pour être libre, il était capable de se situer au-delà de lui-même, de ses attaches, de ses apparentements. Le vrai courage, c’est de s’engager quand on peut être concerné et que d’autres s’arrogent le droit de parler en votre nom, d’opprimer en votre nom et de vous enjoindre de vous taire.
Les chemins de la liberté sont douloureux et difficiles. Mais les rencontres qu’on y fait sont les plus belles. Stéphane Hessel savait communiquer son enthousiasme et le transformer en indignation et en engagement. Cet enthousiasme qui le conduisait à garder intacte « la capacité de construire du bonheur ».
Nous voulons dire à Christiane, sa compagne, à ses enfants et petits-enfants et à tous ceux qui l’ont aimé, notre amitié et notre solidarité.
IPAM (Initiatives Pour un Autre Monde)
regroupe le Cedetim, l’Aec, l’Aitec, Amorces, le Cedidelp, Echanges et Partenariats
27 février 2013
