Approfondir l’ESS – 2p – 21.06.2023 – ESS

HYPOTHESES

Approfondir l’économie sociale et solidaire
Expérimenter des entreprises locales et/ou municipales
Répondant aux défis écologiques, sociaux et démocratiques

Gustave Massiah
21 juin 2023

 

Quelques idées pour alimenter le débat sur l’économie sociale et solidaire et sur l’alternative au capitalisme.

 

L’économie sociale, solidaire et associative a su inventer des formes nouvelles correspondant aux nouvelles situations. Des coopératives, aux mutuelles aux coopératives agricoles, aux coopératives de consommateurs, aux associations, … le mouvement a trouvé de nouvelles formules pour répondre aux nouveaux enjeux. Les limites sont venues de la capacité du capitalisme, en tant que mode de production dominant, à subordonner et à reléguer les formes alternatives. Dans la nouvelle période, la crise du capitalisme extrêmement profonde, ouvre la possibilité à l’émergence de nouvelles formes de production et d’échanges.

Les trois défis majeurs qui définissent la nouvelle période sont l’écologie, le social, la démocratie. La réponse à la conjonction de ces trois défis détermine le champ des nouveaux possibles. Elle nécessite la redéfinition des entreprises comme acteurs de la production et de la distribution. Elle interpelle l’économie sociale et solidaire comme secteur de transformation radicale.

Ce qu’il y a de nouveau par rapport à ces trois défis c’est la nécessité de partir des territoires. L’écologie nécessite de partir des territoires ; de prendre en compte la terre, l’eau, l’air, le climat, les ressources naturelles, les matières premières. Les entreprises doivent être locales et territoriales pour prendre en compte les données écologiques. Le social doit prendre en compte l’ensemble de la population. Le travail, le logement, la santé ne peuvent être limités à une partie de la population. C’est l’ensemble des habitants d’un territoire qui doivent être pris en compte. De même, la démocratie peut prendre plusieurs dimensions. C’est au niveau d’un territoire, du local, voire du municipal qu’elle commence à s’organiser. La planification écologique, sociale et démocratique commence au niveau local, territorial. Les nouvelles entreprises de l’économie sociale et solidaire doivent intégrer la dimension, locale, territoriale voire municipale.

Il peut y avoir plusieurs entreprises sur un même territoire en fonction des objectifs de transformation écologique et sociale. La proposition est que ces entreprises définissent des objectifs de transformation écologique et de production sociale correspondant à un territoire local donné. Il est aussi que tous les habitants de ce territoire qui s’y engagent soient partie prenante de cette entreprise locale et/ou municipale.

Une entreprise sociale, écologique et solidaire locale pourrait être composée de trois collèges :

– un collège des producteurs, travailleurs de l’entreprise locale, organisés sous une forme coopérative

– un collège des habitants du territoire, local ou municipal, de toutes et tous les habitants qui le souhaitent et s’y impliquent

– un collège de personnes compétentes, techniciens et/ou chercheurs, maîtrisant l’évolution des données écologiques et sociales qui caractérisent les transformations écologiques et sociales

Ce troisième collège serait formé par des personnes rattachées à des institutions des secteurs publics de la recherche dans les domaines concernés par les transformations écologiques et sociales (Santé, éducation, écologie, agronomie, climat, territoires, …).

Le financement de ces entreprises serait tripartite : les coopérateurs, travailleurs de l’entreprise ; les habitants et les municipalités ; les institutions du secteur public intervenant dans le domaine de l’entreprise.

Les entreprises seraient dotées d’un capital correspondant au financement nécessaire. La part locale ne serait pas aliénable. La part des associés ne serait accessible qu’à des travailleurs engagés dans l’entreprise. La part des institutions serait réservée à des institutions publiques qui seraient propriétaires des brevets.

L’élargissement de l’économie sociale, solidaire et associative a été engagé avec la création des sociétés coopératives d’intérêt collectif, les scic. Elle est aussi au centre de la démarche essentielle de l’éducation populaire.

Il s’agit d’expérimenter une planification écologique, sociale et démocratique. D’imaginer un marché non-capitaliste en partant du local et du municipal. Partir du local et des territoires pour construire des entreprises locales et/ou municipales.

Cette prise de position répond à un double objectif

– lancer un mouvement d’entreprises, de l’économie sociale, locales et/ou municipales en réponse aux défis écologiques, sociaux et démocratiques

– imaginer une alternative de l’économie sociale aux entreprises capitalistes, privées ou étatiques

IPAM Présentation – 1p – 15.06.2012 – IPAM

IPAM
Présentation

Gustave Massiah
15-06-2012

 

Le réseau IPAM, Initiatives Pour un Autre Monde, a été créé, comme son nom l’indique, en référence au processus des Forums Sociaux Mondiaux. Il regroupe six associations qui sont aujourd’hui : Amorces, l’Aec, l’Aitec, le Cedetim, le Cedidelp, Echanges et Partenariat. Ces associations sont présentées dans ce bulletin. 

Ces associations ont une culture commune, celle de la solidarité internationale et une histoire commune, celle qui a été initiée par le cedetim, dans la tradition des luttes anticoloniales puis des luttes anti impérialistes. Elles partagent une conception qui privilégie la solidarité entre les luttes et les mouvements. Elles conçoivent le partenariat comme une tentative politique de construire une relation d’égalité en droit, même quand on part de relations inégales de fait. La forme la plus avancée de ce partenariat aujourd’hui repose sur la réciprocité politique et l’engagement dans la construction d’un projet commun, d’un monde futur construit en commun.

Les associations d’IPAM sont indépendantes et ont une complète liberté d’initiatives. Cette liberté d’initiatives est aussi de règle dans chaque association. Les associations d’IPAM partagent la culture politique des forums sociaux mondiaux : la reconnaissance de la diversité des engagements ; la légitimité des luttes contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation ; l’horizontalité préférée à l’autorité hiérarchisée ; les décisions au consensus qui partent de la reconnaissance des dissensus pour rechercher ce qui sera fait en commun ; la référence aux formes d’organisation autogérées ; etc.

Les associations d’IPAM interviennent, dans leurs champs et quelquefois ensemble, en combinant plusieurs modalités : elles privilégient le soutien aux luttes et mobilisations ; elles participent à un travail d’élaboration lié aux mouvements sociaux et citoyens ; elles multiplient les initiatives de solidarité ; elles soutiennent les pratiques alternatives d’émancipation concrètes ; elles ont le souci du renforcement du mouvement de solidarité internationale.

Les associations d’IPAM ont défini une stratégie commune qu’elles mettent en œuvre à travers leurs initiatives. Cette stratégie se déploie dans cinq directions : le renforcement du CICP, le Centre International de Culture Populaire, en tant que maison commune et espace ouvert d’associations de solidarité internationale ; la participation active au CRID, en tant que collectif d’associations de solidarité internationale en France ; la construction d’ATTAC en tant que mouvement qui renouvelle la solidarité internationale dans le rapport entre les questions sociales et citoyennes et la situation mondiale dans sa globalité ; le soutien de No Vox, une des formes d’expression politique des couches populaires les plus opprimées ; la montée en importance d’Alterinter en tant que réseau d’associations de pays de l’ « arc des tempêtes » du front des luttes contre les formes de domination sociale, idéologique, écologique et géopolitique.