fondation gabriel peri
jeu coopératif dédie aux pensées critiques
Proposition de douze questions et réponses
Gustave Massiah
5 aouts 2019
Quels sont les rapports entre mondialisation et capitalisme ?
Depuis le début, la mondialisation actuelle est capitaliste et le capitalisme est mondial. La République de Venise dès le 13ème siècle sera capitaliste et mondiale. Le capitalisme mondialisé s’appuie sur les villes mondiales et sur les « Compagnies des Indes » qui préfigurent les entreprises mondiales.
Qu’est-ce que le néolibéralisme ?
A partir de 1977, une nouvelle phase de la mondialisation capitaliste s’impose : le néolibéralisme. Il affirme que la croissance est la condition du progrès et de la modernité et que cette croissance passe par l’expansion du marché mondial et la liberté donnée aux entreprises multinationales.
Comment le néolibéralisme s’est-il imposé ?
Il force l’ajustement structurel de chaque société au marché mondial des capitaux. Il est imposé, à travers la crise de la dette, aux pays du Sud, avant d’être généralisé à toutes les sociétés. Il implique la réduction des déséquilibres structurels à partir des politiques d’austérité.
Qu’est-ce que l’internationalisme ?
L’internationalisme est un mouvement politique et un courant de pensée. La première internationale, créée en 1864, joue un rôle essentiel dans la définition et la structuration du mouvement ouvrier et dans son affirmation comme mouvement social stratégique
Quels sont les rapports entre nationalisme et internationalisme ?
L’internationalisme s’oppose à la prétention du nationalisme de subordonner toutes les formes d’identité à l’identité nationale ; il oppose les intérêts communs des peuples aux affrontements entre les Etats. L’internationalisme ouvrier ou prolétarien cherche d’abord à construire la solidarité internationale entre les prolétaires (ouvriers, paysans, employés, salariés, précaires, chômeurs, …).
Quels sont les défis actuels de l’internationalisme ?
Le nouvel internationalisme se construit dans le refus de l’idéologie de la mondialisation néolibérale ; dans l’intersectionnalité entre classes, genres et origines ; dans la recherche d’une transition sociale, écologique et démocratique ; et dans une réinvention de la souveraineté à partir des droits universels des peuples.
Qu’est-ce que l’altermondialisme ?
C’est le mouvement anti-systémique du néolibéralisme. Sa première phase, de 1980 à 1989, est celui des luttes contre la dette et l’ajustement structurel. A partir de 2000 il est caractérisé par les forums sociaux mondiaux qui affirment « un autre monde est possible ». Son renouvellement est à l’ordre du jour.
Comment apprécier l’importance de la décolonisation ? Peut-on dire qu’elle est terminée ?
La décolonisation est la caractéristique essentielle de notre période. Sa première phase, celle de l’indépendance des Etats est achevée. Une nouvelle phase, celle de la libération des nations et des peuples commence. Elle concerne l’organisation du monde et l’avenir de chaque société.
Que signifie le rejet de la corruption dans les mouvements ?
Dans tous les mouvements, depuis 2011, le rejet de la corruption est systématique et virulent. Il porte le rejet de la fusion entre les classes politiques et les classes financières qui annule l’autonomie du politique et accroît la méfiance par rapport aux politiques et aux instances du politique.
Comment apprécier la rupture qualitative dans la manière de penser l’évolution et la transformation des sociétés ?
Le débat sur la transformation des sociétés change de nature avec la prise de conscience de l’écologie. C’est une révolution philosophique qui interroge les rapports entre l’espèce humaine et la Nature. Elle implique de remettre en cause l’hypothèse d’un avenir illimité et d’accepter les limites d’un monde fini.
Comment évoluent les inégalités mondiales ?
Le nombre de ceux qui vivent avec 1,90 dollars par jour et par personne a diminué surtout en Asie. Les inégalités ont explosé avec le 1% des ultras riches et l’explosion de la corruption dans tous les pays. Le pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes des pays riches et émergents a régressé.
A-t-on une idée de la répartition des richesses dans le monde ?
Selon le rapport 2019 d’Oxfam international, les 26 personnes les plus riches, dont 24 hommes, possèdent autant que les 3,8 milliards les plus pauvres, soit la moitié de l’Humanité. La concentration s’accroit, ils étaient 43 en 2017. Le nombre de milliardaires a doublé depuis 2008, leur fortune s’accroit de 2,6 milliards de dollars par jour, alors que celle des pauvres a baissé de 11%.
