Hommage à Abdelkader Azrii
Gustave Massiah
28-02-2023
Je voudrais me joindre à vous pour saluer la mémoire de notre ami et camarade Abdelkader Azrii. Nous gardons toutes et tous le souvenir de sa présence active et souriante. Une présence que sa gentillesse et sa modestie n’affaiblissait pas.
Abdelkader était très attaché au mouvement altermondialiste et jouait un rôle très important au comité international du forum social mondial. Il y participait activement et y était très écouté. Son écoute attentive et sa tranquille présence lui permettait de contribuer à calmer les tumultes qui agitait régulièrement le conseil et de rappeler la nécessité de l’unité dans les périodes difficiles.
Le respect des membres du conseil pour Abdelkader était renforcé par la connaissance de son histoire et de ses engagements. Il était reconnu pour son engagement et son histoire de syndicaliste et pour son attachement au mouvement syndical et pour la fidélité au rôle du syndicalisme dans l’histoire du mouvement ouvrier. Il avait été un dirigeant syndicaliste actif et reconnu, un des membres respectés du bureau exécutif de la Confédération Démocratique du Travail au Maroc.
Abdelkader était aussi très investi dans le mouvement associatif marocain, maghrébin, africain et international. Il associait naturellement le mouvement associatif et la démocratie ; il a présidé l’association « le mouvement des initiatives démocratiques ». Il était aussi un membre très actif du Comité directeur du « Forum des alternatives Maroc», le FMAS, dont il était un des représentants au conseil international du Forum social mondial. Avec le FMAS, Abdelkader était engagé dans la construction d’un mouvement social démocratique, concrétisant ainsi l’orientation du mouvement altermondialiste.
Son engagement dans la défense des droits humains prolongeait naturellement son passé syndical. Il s’y était pleinement investi et s’y consacrait complètement. Il présidait notamment la Commission Régionale des Droits de l’Homme de la région Rabat-Kénitra.
Dans son engagement syndical et associatif, Abdelkader était d’une grande cohérence et faisait preuve d’une grande ouverture. Il était investi sur les questions d’éducation et de formation. Il était très attentif à l’indispensable liaison entre justice sociale et justice climatique qu’il avait défendu à la COP 22 à Marrakech. Il luttait sans discontinuer pour l’intégration des immigrés subsahariens.
L’altermondialisme était pour Abdelkader la forme actuelle de l’internationalisme. Il consacrait beaucoup d’énergie au forum social maghrébin et à la construction de la difficile mais nécessaire unité du maghreb, du maghreb des peuples.
Merci Abdelkader pour tout ce que tu nous as apporté. Nous ne t’oublions pas, que la terre te soit légère.
Gustave Massiah
4-3-2023
M. Abdelkader Azrii :
président de la Commission régionale des droits de l’Homme de Rabat-Kenitra
Président de la Commission régionale des droits de l’Homme de Rabat-Kenitra. Acteur associatif, syndical et social, M. Abdelkader Azrii est né en 1955 à Safi. Ancien membre de la chambre des conseillers, M. Azrii qui a présidé le groupe parlementaire de la Confédération démocratique du travail (CDT) était vice-président de la commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme. De même qu’il a occupé le poste de vice-président du groupe d’amitié franco-marocain entre la chambre des Conseillers et le Sénat en France. En tant qu’acteur associatif, M. Azrii a présidé l’association « le mouvement des initiatives démocratiques». Il est également membre du Comité directeur du « Forum des alternatives Maroc». Ancien membre du bureau exécutif de la Confédération démocratique du travail, M. Azrii a siégé également au sein de la Commission spéciale pour l’Education et la Formation qui a mis en place la charte nationale de l’éducation et la formation ainsi qu’au sein de la commission qui s’est chargée de l’élaboration de l’actuel code du travail.
Le défunt Abdelkader Azrii
Président de la commission près la présidence du CNDH chargée de la médiation et des relations avec le Parlement, président de la Commission régionale des Droits de l’homme à Rabat-Kenitra, ancien membre de la Chambre des conseillers, syndicaliste, militant des droits de l’homme et éminent militant de la société civile marocaine et maghrébine. Il est décédé au début de ce mois (février 2023).
Le dialogue social au Maroc devrait s’adapter aux exigences de la nouvelle orientation climatique du Royaume et aux enjeux de la politique économique du Maroc, après son retour à l’Union africaine (UA), a indiqué, lundi à Rabat, le président de la Commission régionale des droits de l’Homme de Rabat-Salé-Kénitra, Abdelkader Azrii.
Dans le cadre de sa nouvelle orientation climatique, surtout après l’organisation de la COP22 en novembre dernier à Marrakech, le Maroc connaîtra une économie verte, qui impliquera la révision des relations professionnelles, de la gestion de l’entreprise et de toutes les problématiques liées au climat, a précisé M. Azrii dans une déclaration à la MAP, en marge de la 3ème session du Forum parlementaire international sur la justice sociale.
« Le Royaume transitera d’une quête d’une justice sociale à une justice climatique », a-t-il dit en marge de cette session tenue sous le thème « Dialogue social: quelles perspectives ».
Il a également relevé qu’après le retour du Maroc au sein de l’institution panafricaine, l’entreprise marocaine en Afrique sera une « ambassadeur de l’économie marocaine », alors que la politique migratoire du Maroc exigera un dialogue social censé permettre la réussite de l’intégration des immigrés subsahariens, que ce soit au niveau de la société ou des entreprises marocaines.
Il a ajouté que le dialogue et la justice sociale ne pourraient être atteints sans revoir le concept de « l’Etat social » et les mécanismes du dialogue social, notamment ceux relatifs à la législation et ceux adoptés par le gouvernement en coordination avec les centrales syndicales ou la société civile.
De son côté, Mme Lahrach Touria, membre du bureau exécutif de la Confédération démocratique du travail (CDT), a noté que ce forum parlementaire offre un espace qui permettrait de rapprocher le patronat, les syndicats et aussi le gouvernement, afin de se mettre d’accord sur le concept du « dialogue social ».
Ce dialogue permettra de penser également aux progrès de l’entreprise, réfléchir sur les politiques publiques, améliorer la situation des femmes et lutter contre toutes les formes de discrimination sociale, a déclaré Mme Lahrach à la MAP.
Ledit dialogue permettra également d’assurer la pérennité de la paix sociale et de mettre un terme à la culture du dialogue social qui vient toujours après une pression, comme une grève, des manifestations ou des sit-in, a-t-elle poursuivi.
Pour sa part, le secrétaire général du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Driss Guerraoui, a souligné, lors de cette rencontre, que l’Etat doit disposer d’un code contenant des principes qui serviront comme charte de dialogue social reposant sur plusieurs piliers.
Ces piliers consistent à faire confiance en le partenaire dans le dialogue, connaître ses contraintes et ses objectifs, le respecter et l’écouter attentivement, a-t-il estimé, ajoutant que les négociateurs doivent être conscients de la nécessité de faire des concessions mutuelles et de prendre des « positions équilibrées » notamment quand il s’agit de problématiques sensibles telles que les réformes du système fiscal, des caisses de retraite ou de restructuration de l’entreprise.
Placé sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, ce Forum vient investir la spécificité de la chambre des Conseillers consistant en la diversité de ses composantes et de ses représentations territoriale, professionnelle, économique et sociale, outre son rôle d’institution législative chargée de traduire les aspirations des différents acteurs de la vie nationale en abritant un débat public pluriel et inclusif.
Organisé sous le thème « L’institutionnalisation du dialogue social: un préambule essentiel pour le développement durable et la justice sociale », cet événement ambitionne également de mettre en relief le modèle marocain en matière de dialogue, en examinant et en évaluant les réalisations et les échecs dans ce domaine, et en recensant les défis et les acquis du pays à ce niveau, tout en cherchant les meilleurs moyens d’organiser et de gérer les relations du travail.
«Le syndicalisme au Maroc est resté prisonnier de son histoire», résume Abdelkader Azrii, ancien responsable au bureau exécutif de la CDT et ancien membre du groupe de la centrale à la Chambre des Conseillers. Pour lui, du fait du contexte politique et de la nature des organisations syndicales marocaines, celles-ci étaient souvent utilisées comme pare-choc politique par les partis, notamment de gauche, mais aussi par le régime qui négociait les conflits sociaux directement avec les partis politiques. «Il y a eu une institutionnalisation du conflit dans les champs économiques et sociaux à travers la tendance qu’avaient les syndicats à trouver des appuis ou à carrément s’aligner sur les positions de partis politiques et la manière qu’avait l’Etat de gérer les crises», analyse ce militant syndical de longue date. Et, de fait, il faut attendre le premier accord tripartite du 1er aout 1996 pour voir les premiers signes relatifs de détachement du traitement de la question sociale des partis politiques. C’est l’inauguration du processus de ce qui est appelé le dialogue social.
Nous avons vécu feu Abdelkader Azrii et moi-même et tous les collègues du CNDH des moments intenses entre 2011 et 2018 dont la mise en place des CRDH, le forum mondial des DH, la nouvelle politique migratoire, etc. Mes sincères condoléances à sa famille et amis. RIP
Pour sa part, Abdelkader Azrii, président de la Commission régionale des droits de l’Homme de Rabat-Kénitra, a indiqué que ladite commission est venue compléter les nouvelles structures du CNDH en vue d’une politique de proximité et en même temps pour renforcer la décentralisation de ses mécanismes nationaux. Et d’ajouter que cette expérience est une sorte de laboratoire à même de promouvoir la régionalisation adoptée par le pays.
« Ce partenariat avec une institution élue qui veille à la gestion quotidienne de la vie des citoyens nous impose d’adopter les moyens à même d’intégrer l’approche des droits de l’Homme dans le développement régional. Une grande responsabilité. Pour ce, le Conseil de la ville de Rabat est invité à s’impliquer dans les diverses activités programmées par la commission régionale notamment « La caravane régionale des droits de l’Homme » ainsi que la célébration de la déclaration des droits de l’Homme » a-t-il conclu.
Pour sa part, Abdelkader Azrii, membre du CNDH, a indiqué que la nouvelle Constitution, les conventions internationales et les chartes signées par le Maroc interpellent toutes les parties quant à la nécessité d’élaborer un projet de réforme global concernant les établissements pénitentiaires, appelant à associer l’ensemble des intervenants à l’élaboration d’une politique de réforme de ce secteur afin que les prisons se transforment en établissements de réinsertion des détenus.
C’est là d’ailleurs le péché mignon de tous les syndicats, sans exception. Y compris la CDT, pourtant autoproclamée, de par son nom, démocratique. Comment peut-on parler de démocratie quand un grand syndicaliste tel que Abdelkader Azrii a été mis sur le banc de touche parce que le boss de cette autre Centrale craignait de le voir prendre sa place ? Et puis, quel message donne le grand militant Noubir Amaoui en ne voulant pas prendre sa retraite, même en étant alité ? Ce sont des questions qui fâchent auxquelles personne ne veut répondre à la CDT. Mais jusqu’à quand ? Ce n’est pas en s’accrochant à l’UMT et en pratiquant la politique de la chaise vide que la réalité pourrait être maquillée. Et la réalité est que la CDT a besoin d’une réelle résurrection. La réalité est que son boss devient un facteur de blocage de son syndicat après avoir été le catalyseur de son succès. Nombreux sont les membres de la CDT qui le disent mezza voce. Sauf que personne ne veut fâcher le « chef ».
A l’international nous avons réussi à intégrer le forum dans l’agenda de l’UNESCO, à avoir la promesse d’être reconnu par la CNUC, à inscrire Safi dans le réseau des villes de développement durable. Nous avons la promesse de soutien d’ONG portugaises, brésiliennes, africaines.
Tout cela nous l’avons fait sans soutien réel et nous nous retrouvons, en particulier le président Azrii, engagés sur des montants importants. Le problème n’est pas seulement à ce niveau. Il est politique, la région a décidé, son président et son vice président, l’ont clairement exprimés, de nous combattre, ou tout du moins de ne pas nous faire confiance. Abdelkader Azrii et moi-même sommes issus de la gauche, mais notre engagement n’est pas politique, et surtout pas politicien. A l’inverse le conseil municipal, dirigé par le PJD est disposé à nous soutenir.
Ces conventions viennent couronner le travail commun effectué de concert avec les associations opérant dans le domaine du développement, des droits des enfants et de l’immigration, a indiqué le président de CRDH de Rabat-Kénitra, Abdelkader Azrii, dans une déclaration à la MAP.
Dans son intervention, Abdelkader Azrii a rappelé les circonstances qui ont donné naissance au mouvement syndical en Europe, comme étant un outil d’équilibre dans le monde du capitalisme. Il a même fait rappel à la création du syndicalisme arabe en appelant les syndicalistes à prendre en considération les erreurs du passé pour construire la nouvelle ère à laquelle appelle actuellement la FDT.
Un avis que partage Abdelhadi Khayrate qui a insisté sur l’implication de tout le monde, chacun selon ses responsabilités, dans une nouvelle lecture de l’action syndicale au Maroc. Et ce, afin de connaître, selon lui, « les causes et les dessous de tous les phénomènes qui frappent l’action syndicale nationale, y compris celle des scissions répétées et successives. Des phénomènes qui méritent de notre part une analyse globale ».
